Vivre en montagne : les Français sont réalistes

Pour les français, quels sont les avantages et les inconvénients d’une vie en montagne ? C’est à cette question que se propose de répondre une étude récente réalisée par l’IFOP pour le compte de l’Association nationale des élus de la montagne (ANEM). Les résultats ci-dessous sont issus d’un sondage diffusé auprès d’un échantillon de 2 006 personnes majeures, représentatif de la population française.

Ah ! Que la montagne est belle !

Lorsque l’on aborde la question des conditions de vie en milieu montagnard, les français évoquent spontanément des idées en rapport avec l’environnement. La notion d’air pur et de « grand air » se retrouve dans 33% des réponses, suivie par le caractère sain de la vie en altitude (20%), la nature (13%) puis par des notions en rapport avec les grands espaces, comme la beauté des paysages (13%) ou le sentiment de liberté (10%). Les conditions météo figurent également en bonne place dans les pensées de chacun : le froid et la neige sont ainsi au coude à coude et se retrouvent dans 13% des réponses. Côté activités, le classement est logiquement dominé par le ski (8%) puis par la marche et la randonnée ( 5%).

Sur des questions plus fermées, là encore on observe plusieurs appréciations positives. Ainsi, neuf français sur dix pensent que les territoires de montagne constituent un atout très important pour la France. Pour 84% d’entre eux, la qualité de l’environnement et du cadre de vie est meilleure en montagne que dans le reste du pays. Ils sont également 77% à estimer que la montagne est un territoire d’avenir, en particulier dans les domaines agricole et économique.

Mais tout n’est pas rose pour autant…

Malgré une vision positive articulée autour d’atouts qui semblent marquer durablement l’esprit des français, la montagne recèle aussi son lot de contraintes et de points noirs. Parmi ces représentions négatives que se font les français de la montagne, on retrouve notamment les difficultés d’accès aux soins (77%) et aux services publics (75%). Près de la moitié des répondants pensent également que les conditions de vie des habitants de la montagne sont moins bonnes que dans le reste du pays. Sur ce sujet, ils sont d’ailleurs 77% à admettre que les difficultés des montagnards sont sous-estimées.

Sur le lien qu’entretien la puissance publique avec le milieu montagnard, le constat est là aussi plutôt négatif. Pour 73% des français, la montagne n’est globalement pas assez valorisée, alors qu’elle jouit pourtant d’un potentiel intéressant (cf. la question « un territoire d’avenir »). Ils sont en outre 65% à penser que les pouvoirs publics ne s’occupent pas suffisamment du développement des territoires de montagne (et de leurs habitants). Enfin, une dernière question portait sur la nouvelle loi Montagne – votée en octobre dernier à l’Assemblée – et sur son possible impact sur la qualité de vie dans les territoires alpins. Les résultats parlent d’eux-mêmes, avec environ la moitié des répondants qui semblent ne pas connaître suffisamment cette loi pour se faire un avis, et le restant qui se divise équitablement entre ceux qui pensent que la loi améliorera durablement la vie en montagne, et les autres.

Pour résumer, via cette représentation en demi-teinte, les français apparaissent lucides sur les conditions de vie en montagne, tout en jugeant plutôt sévèrement l’action des services publics.

+ Retrouvez tous les résultats de l’étude « Les français et la montagne »

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