Alpes : Le retour du saint bernard pour aider les égarés en montagne

Chaque année, un nombre non négligeable de touristes se perdent en montagne, déclenchant alors l’intervention des secours terrestres et/ou aériens. En complément des dispositifs de recherche existants et afin de soulager des équipes de sauvetage qui sont extrêmement sollicitées, une expérimentation unique en son genre va être menée prochainement dans les Hautes-Alpes. Plusieurs chiens de type saint-bernard, spécialement entrainés et équipés de « tonnelets connectés », seront envoyés vadrouiller dans les massifs les plus inaccessibles à l’homme afin de venir en aide aux éventuels égarés.

Avec l’essor des technologies, le recours aux animaux pour appuyer l’être humain s’est fait de plus en plus rare. Et pourtant, les capacités et les sens aiguisés qui caractérisent le règne animal peuvent aider dans bien des situations. Par exemple, l’armée de l’air française s’en est récemment rendu compte et a initié l’entrainement d’une couvée d’aigles royaux afin de contrer les vols de drones. De même, l’emploi de chiens pour le secourisme et l’aide aux personnes en difficulté fait sens. C’est dans cette optique que deux maîtres-chiens spécialisés dans les interventions en haute montagne dressent actuellement six saint-bernard. L’espèce a été choisie pour sa rusticité et son excellent odorat. « Après un ans de dressage, ces qualités permettent à l’animal d’œuvrer en toute autonomie pendant plusieurs jours, en couvrant de grandes étendues de terrain tout en ayant la capacité de flairer les promeneurs égarés à bonne distance. »

Mais une fois que l’animal a retrouvé la personne, que se passe-t-il ? C’est là que le dispositif connecté – qui, beau clin d’œil, prendra la forme d’un petit tonneau – entre en jeu. Mais contrairement à la légende, ici point de schnaps ou de génépi dans le tonnelet ! Ce dernier, dont la conception est en cours de finalisation, devrait contenir à terme une balise connectée. Un dispositif de type « push me to rescue » (appuyez pour être sauvé) incitera la personne retrouvée à actionner le mécanisme harnaché sur le chien. Une fois cela fait, un message d’alerte contenant les coordonnées GPS de l’animal sera envoyé à l’unité GMSP (Groupe Montagne et Secours Périlleux) la plus proche. Le randonneur égaré n’aura plus qu’à attendre l’arrivée des secours en compagnie de son brave sauveteur à quatre pattes !

Le recours au chien aurait de multiples avantages

Les moyens de recherche conventionnels (équipes de secours, hélicoptères,…) peuvent dans certaines situations se révéler insuffisants. C’est le cas dans les vallées encaissées, inaccessibles aux moyens aériens par exemple, ou durant la nuit, alors que les recherches se voient stoppées jusqu’au retour d’une luminosité suffisante pour poursuivre sans mettre en danger les secouristes ni risquer de passer à côté de la personne en détresse. Le canidé ne rencontre lui aucune de ces limites. Il peut poursuivre efficacement les recherches dans l’obscurité la plus complète ainsi que dans les zones les plus impraticables. Évidemment, le recours au chien revient aussi moins cher. Si l’on regarde du côté des dépenses, « on s’aperçoit que le prix d’une heure de vol en hélicoptère couvre à lui seul l’entretien d’un chien pendant une année. » Les premiers saint-bernard entameront leurs patrouilles en Haute-Savoie courant 2017. En cas de succès, il est déjà prévu d’élargir le dispositif à plusieurs dizaines de chiens d’ici 2020, dans les Alpes et les Pyrénées.

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